Réécrire la nouvelle en pièce de théâtre (1)

La Ficelle

Une élève du Tronc Commun Sciences 1 s’est attelée à cet acte créatif de transformer un récit en un texte de théâtre. A noter qu’aucun texte théâtral n’était au programme du cycle collégial ! Pourtant, je n’ai remanié que les didascalies. Chapeau bas, chère Imane B.

À quand les répétitions ?

Voici son texte en trois actes :

Acte I

Scène 1

Vendeuse, client.

Vendeuse – Si vous ne l’achetez pas, vous regrettez d’avoir manqué cette occasion !

Client (en colère) – Mais non ça coûte cher ! Je vous en donne deux francs cinquante pour ce canard.

Vendeuse (l’air sec) – Ce n’est même pas le prix d’achat ! Ces canards ont une chair savoureuse !

Client (faisant mine de s’en aller) – Je vous les laisse, j’ai encore à acheter des œufs, et l’argent ne me suffira pas.

Vendeuse (montrant son panier) – Mais j’ai fait de mon mieux pour élever ces canards !

Client – Moi, je fais de mon mieux pour nourrir mes enfants !

Vendeuse (résignée) – D’accord, comme vous voulez !

Scène 2

Hauchecorne, Malandain

Hauchecorne s’avance à pas lents, souffrant de marcher.

Hauchecorne (se penche en marmonnant) – Qui a jeté cette corde ? Ce fou ne connaîtra sa valeur qu’en cas de besoin.

Il roule la ficelle et la met dans ses poches.

Malandain (qui le regardait, s’interroge) – Que fait ce pauvre chiche – là ?

Hauchecorne (choqué de voir son ennemi) – Quelle honte ! Il m’a vu, ce manant – là ! Faisons comme si j’avais perdu autre chose !

Malandain (ricanant) – Ha ha ! Regardez-le souffrir pour se pencher ! Sûrement qu’il a trouvé un trésor !

Hauchecorne (rancunier) – Je n’ai pas oublié ce qu’il m’avait fait, je ne lui pardonnerai jamais.

Acte2

Scène 1

Un paysan, le gendarme, Hauchecorne attablé au café.

Les passants ont l’attention attirée par un paysan. Il tient un grand carton où est écrit : Un portefeuille a été perdu !

Le paysan (criant) – Il est fait assavoir à toutes les personnes présentes au marché, qu’il a été perdu ce matin, sur la route de Beuzeville, entre neuf heures et dix heures un portefeuille en cuir contenant cinq cents francs et des papiers d’affaires, si vous le ramenez à la mairie vous recevrez vingt francs de récompense.

Le gendarme (à la porte du café) – Êtes-vous M. Hauchecorne de Bréauté ?

Hauchecorne : Me, oui !

Le gendarme : S’il vous plait, suivez-moi chez Monsieur le maire.

Hauchecorne s’exécute docilement .

Scène 2

Le Maire, Hauchecorne, le gendarme

Mr le maire, un homme gros, grave, est dans son bureau.

Le maire (l’air sérieux) – Maître Hauchecorne, on vous a vu aujourd’hui ramasser le portefeuille perdu par M. Houlbrèque de Manneville.

Hauchecorne (l’air baba) – Mé ! Mé ! J’ai ramassé çu portefeuille ?

Le Maire – Oui vous-même.

Hauchecorne – Je jure que je ne sais rien.

Le Maire – On vous a vu.

Hauchecorne (l’air inquiet) – On m’a vu, qui ça, qui m’a vu ?

Le Maire – Maitre Malandain, le bourrelier attitré du bourg !

Hauchecorne (rougissant de colère) – Ah ! Il m’a vu, ce manant ! Il m’a vu ramasser cette ficelle-là, tenez monsieur le Maire.

Le Maire (incrédule) – Tu ne me feras pas te croire toi et douter de la sincérité de maitre Malandin sur un bout de fil fin.

Hauchecorne (lève la main pour jurer) – C’est pourtant la vérité du bon Dieu, la sainte vérité, monsieur le Maire, là sur mon âme et mon salut, je le répète.

Le Maire (insistant) – Après avoir ramassé le portefeuille, vous avez encore cherché dans la boue si quelques pièces de monnaie ne s’en étaient échappées.

Hauchecorne (emporté) – Si l’on peut dire ! Monsieur le Maire, des menteries pour faire du mal à moi, si l’on peut di…

Le Maire (lui coupant la parole) – Gendarme ! Faites venir maitre Malandin.

Scène 3

Hauchecorne, Malandain, le Maire

Le Maire (à maitre Malandain) – M. Malandain, veuillez raconter ce que vous avez vu !

Malandain – Oui monsieur, comme j’ai dit, j’ai vu maître Hauchecorne se pencher pour ramasser sa trouvaille par terre et m’ayant vu, il l’a cachée dans ses poches puis il a cherché encore dans la boue.

Hauchecorne (furieux)- Menteur! Fausse déclaration que cela, Monsieur le maire !

Malandain (le regard dur) – C’est vous qui mentez ! (regardant le maire) Oui Monsieur le Maire, je l’ai vu ramasser le portefeuille.

Hauchecorne (criant de colère) – Non ! Monsieur le Maire, c’était une petite ficelle !

Malandain – Le vieux imagine des mensonges pour nous embrouiller !

Hauchecorne – Menteur vous-même ! Esprit mal tourné !

Malandain – Vieux fou ! Reconnaissez votre méfait !

Le Maire – Un peu de respect ! Sortez de mon bureau ! Et vous maitre Hauchecorne, j’en saurai plus sur vous et sur votre ficelle !

Acte3

Scène 1

Un paysan, le Maire

Un paysan, enrhumé, cherche son mouchoir et fait tomber son porte-clés. En se penchant pour le prendre, il voit un portefeuille en cuir – « À qui est ce portefeuille ? Peut-être que c’est celui de M.Houlbrèque » et il se dirige vers la mairie.

Le paysan, à Monsieur le Maire – Monsieur le Maire ! Monsieur le Maire ! J’ai trouvé le portefeuille !…

Scène 2

Hauchecorne, deux paysans, un passant

Un paysan : Le voilà qui sort. Le maire ne l’envoie pas en prison ! Bizarre !

Hauchecorne (qui l’a entendu) : Comment ? Prison ? Pourquoi envoyer un innocent en prison ? (et il leur raconte) Alors que je marchais, j’ai vu soudain une petite ficelle, je l’ai prise… 

Deuxième Paysan (en se moquant) –  Vieux malin va ! 

Hauchecorne (tournant le dos vers un passant) – Vous connaissez la nouvelle ! Ces manants-là m’accusent de vol d’un portefeuille !

Premier Paysan (incrédule)-  Eh ! Oui, je les connais, tes menteries !

Hauchecorne (criant) –   Mais pourquoi tout le monde ne me croit pas ? Pourquoi vous êtes tous contre moi ? (Il s’éloigne, l’air désespéré) Ils ne voient pas la vérité ! Malandain les a aveuglés ! Oh mes dieux ! Ils vont me rendre fou pour chercher à les convaincre de mon innocence ! A mon âge ! Quels durs cœurs ! 

Le pauvre perd son esprit, il s’alite et ses derniers mots sont –« Une petite ficelle, une petit ficelle, tenez monsieur le maire ».

Partagez l'article :

Copyrights © 2022 tantancours

Développé avec par ABOUHILAL BADR